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LA MATURITÉ

Chaque génération accuse les jeunes de vouloir détruire la civilisation, et à chaque fois le monde continue à tourner comme il l'a toujours fait depuis des siècles, avec quelques modifications, bien entendu. Comme d'habitude, la raison s'impose, et les jeunes, les moins jeunes et les toujours jeunes parviennent à occuper une place en fonction de leurs talents.
La crise économique actuelle nous a montré que le grand problème des générations pourrait avoir des conséquences terribles car, qui sait si d'une manière préméditée, les plus grandes responsabilités ont été déléguées et, contrairement à la logique, dirigées par des jeunes diplômés sans beaucoup d'expérience et sans aucun scrupule. Pour connaître la valeur des choses importantes comme la démocratie, la sécurité sociale, la liberté, l'économie,..., il faut des années d'engagement avec une certaine idée d'état. Alors si les vieux dinosaures de la finance, qui ont été aussi des élus, faisaient une chose contraire au bon fonctionnement de l'état, on pourrait les accuser de trahison. C'est pour cela qu'ils éduquent leurs jeunes soldats dans des pratiques douteuses dont ils peuvent abjurer en cas de délit. Comme exemple de cette situation on peut signaler que, quand Jérôme Kerviel a été accusé de la fraude de la Société Générale, les hauts responsables de la compagnie se sont lavé les mains dans l'affaire. Est-ce que dans une affaire de cette ampleur il suffit d'un jeune ambitieux? Bien sur que non.
Au niveau populaire, les jeunes conseillers financiers des banques, qui proposent des crédits à des familles dans des conditions impossibles, représentent ce modèle où l'important est la commission reçue à la fin du mois et non le fait que les familles perdent toutes leurs économies et l'avenir des enfants. Si la justice n'intervient pas rapidement, les citoyens deviennet des exclus et les conseillers ramassent l'argent et s'en vont chercher fortune dans une autre banque. Est-ce que les jeunes apprentis-banquiers sont égoïstes? Oui, mais surtout ils sont incapables de comprendre la valeur de la solidarité qui est à la base d'une société. Est-ce qu'un paysan se sert d'un renard pour surveiller les poules? Jamais, sauf s'il s'agit des poules de son voisin.
Acceptons que, jeunes ou pas jeunes, la responsabilité envers les autres est une qualité positive. S'il y a des enfants gâtés, c'est parce qu'il y a des papas et des papis qui les gâtent, et ça, c'est leur responsabilité.

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